École élémentaire du 10 rue des Bauches - Paris 16 - Année 2017/18

2003/04 CE1b

Ecrire une lettre d'explication par les CE1b

Pourquoi un tel projet d’écriture ?

Le projet d’écriture est à mettre en relation avec la lecture d’une pièce de théâtre mettant en scène des enfants qui découvrent une lettre dans laquelle leurs parents leur expliquent pourquoi ils les ont abandonnés.



Ecrire une lettre d'explication par les CE1b

Notre attention s’est alors portée sur différents aspects du travail :

-la situation de communication (le destinataire, l’enjeu de la communication) ;
-le support de la communication (une lettre avec une silhouette spécifique) ;
-les caractéristiques du texte (les fonctions informatives et argumentatives du langage, l’énonciation).

Enfin, ce projet s’insère dans une dynamique visant à placer le langage au centre des valeurs pour lutter, toute proportion gardée, contre la violence.


Bref résumé des différentes étapes du projet

A.Une consigne : « Vous allez écrire une lettre d’explication à un pair (réel ou imaginaire) qui a un défaut qui le rend insupportable (réel ou inventé), comme l’ont fait les parents dans la pièce de théâtre. »

B.Des modèles de lettre comme celle-ci : « Cher Alice, désolés d’avoir à t’annoncer notre départ. Aussi longtemps que ton désordre se limitait à ta propre chambre, ton père et moi avons pu le tolérer, mais voici qu’il envahit maintenant l’ensemble de la maison : tes chaussettes dans le frigo, … Trop c’est trop ! Débrouille-toi donc toute seule dans ton capharnaüm ! »

C.Un travail sur les paramètres pertinents de la situation de communication : choisir le destinataire, lui attribuer un défaut, donner des exemples qui illustrent ce défaut et dire pourquoi c’est insupportable.
D.Écriture d’un brouillon de lettre en s’aidant d’une matrice :
1.Interpellation (caractéristique de la lettre)
2.L’annonce du départ
3.L’explication
4.Les exemples
5.La condition du retour
6.La signature (caractéristique de la lettre)


E.Des activités décrochées :
oTravail sur la silhouette de la lettre (L’interpellation – Le corps de la lettre – La signature)
oConjugaison : les verbes du 1er groupe au présent de l’indicatif à la 2ème personne du singulier (tutoiement dans la lettre)

F.Écriture de la lettre sur du papier à lettre parfumé (Diddl).



SOMMAIRE

1.Lettre d’Axel Clerget
2.Lettre de Pedro Paradela
3.Lettre de Claire Maral
4.Lettre de Roberto Carlos Pinto
5.Lettre de Sarah Bordeira
6.Lettre de Sebastian Erazo
7.Lettre d’Omra Masstan
8.Lettre d’Anne-Sophie Antas
9.Lettre d’Audrey Prédhumeau
10.Lettre de Cherlène Moldez
11.Lettre d’Elsa Ribera
12.Lettre de Fabien Tavares
13.Lettre d’Harold Nakam
14.Lettre de Noémie Ducarre
15.Lettre d’Antoine Dupeyrat
16.Lettre de Clarisse Anastase
17.Lettre de Zachary Saada
18.Lettre de Virgil Deguy
19.Lettre d’Emma Gasman
20.Lettre de Sarah Konqui
21.Lettre de William Lazimi
22.Lettre de Shannen Edward

Les lettres des élèves


Cher frère,

J’ai résolu de prendre le large. J’en ai assez que tu ne te laves jamais.
Quand tu te promènes dans les couloirs, ça sent mauvais. Ton odeur est si épouvantable que les mouches meurent et il pleut des mouches.
Quand tu te laveras, tu pourras me téléphoner et je reviendrai.

Signé : Axel qui n’aime pas les mauvaises odeurs.
(Axel Clerget)




Chère petite cousine,

J’ai résolu de prendre le large car tu es un vrai pot de colle. Quand je vais jouer au football avec mes copains au parc et que je suis le goal, tu viens vers moi et tu me gênes. Je n’y vois rien mais alors rien du tout et on me met plein de buts et après mes copains se moquent de moi. C’est gênant parce que ce n’est pas à cause de moi et après je n’ai plus de copain.
Quand tu arrêteras de me suivre, je reviendrai.

Signé : ton grand cousin chéri qui n’aime pas les pots de colle.
(Pedro Paradela)





Chère copine,

Tu es tellement sale que j’en ai assez. Alors j’ai décidé de partir.
Quand je t’invite à dormir, tu dors dans ma chambre et tu sens tellement mauvais que je suis obligée de dormir dehors.
Quand j’apprends la poésie, tu sens tellement mauvais que je m’évanouie donc je ne peux pas apprendre la poésie et j’ai une mauvaise note en récitation.
Alors fais-moi signe quand tu arrêteras de m’évanouir.

Signé : ta copine qui se bouche le nez.
(Claire Maral)





Cher pot de colle,

Je suis loin. J’en ai assez que tu ne me laisses jamais tranquille.
Quand je vais au cinéma et que je mange des pop-corn, tu veux m’en prendre.
Si je vais aux toilettes, tu me suis et ça m’empêche de faire pipi tranquille.
Quand tu arrêteras d’être un pot de colle, tu m’appelleras. Salut !

Signé : ton grand frère qui aimerait être un fantôme !
(Roberto Carlos Pinto)





Chère petite sœur,

J’ai décidé de partir. Tu sais pourquoi ? Parce que tu parles et tu parles et moi j’en ai assez.
Comme le jour où tu es montée sur mon lit alors que je dormais, puis sur mon dos et où tu as parlé toute la nuit. Je n’ai pas pu fermer l’œil.
D’autre part, lorsque je parle avec une amie, tu me coupes la parole et je dois t’écouter mais tu ne dis que des bêtises pour m’empêcher de parler à mon amie.
Petite sœur, je reviendrai à une condition : que tu arrêtes de parler !

Signé : ta grande sœur qui se bouche les oreilles.
(Sarah Bordeira)





Cher grand frère,

J’ai résolu de prendre le large parce que tu es trop gourmand.
À chaque fois que je rentre de l’étude, tu me prends mes gâteaux et ça me dérange parce que moi, j’ai envie d’en manger mais tu me les manges tous. Je me défends mais rien n’y fait.
Quand je t’invite au restaurant, tu veux manger beaucoup de choses et moi ça me dérange parce que je dois payer l’addition.
Quand tu auras fini de manger tous mes gâteaux et si tu veux me revoir un jour, appelle-moi au téléphone. Et quand tu vas au restaurant, arrête de manger trop.

Signé : ton petit frère qui n’aime pas les gourmands.
(Sebastian Erazo)





Cher petit frère,

quand tu liras cette lettre, je serai déjà loin. Trop c’est trop ! Puisque tu préfères me griffer pour que j’aie l’air ridicule devant mes copines et qu’elles ne viennent plus chez moi. Puisque tu préfères me griffer pour que j’aie l’air ridicule devant les invités, ma mère, ma petite sœur, je préfère t’abandonner car figure-toi que tout ça c’est à cause de toi M. le Griffeur.
Au revoir !

Signé : ta grande sœur qui en a assez de tes griffures.
(Omra Masstan)





Chère grande sœur,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin. J’en ai assez de ta gourmandise.
Quand je descends à la cuisine pour manger un ou deux gâteaux, il ne reste que des miettes.
Et aussi, comme tu as peur que je mange tes gâteaux et comme tu es très maligne, tu mets des caméras partout. Alors le lendemain matin, tu regardes dans la caméra si j’ai mangé un de tes gâteaux.
Mais si un jour tu arrêtes ta gourmandise, appelle-moi et je reviendrai.

Signé : ta petite sœur qui veut un ou deux gâteaux.
(Anne-Sophie Antas)






Chère copine,

je suis déjà loin. J’en ai assez que tu refuses de manger autre chose que des spaghettis.
Quand c’est l’heure de manger, tu dis : « Je veux des spaghettis ! » et je te dis non mais tu continues à faire ta crise.
Quand c’est l’heure de se coucher, tu as encore de la sauce tomate sur la bouche et tu en mets sur tes coussins et sur tes draps et ça me pose problème parce que je dois les laver alors je ne peux pas me coucher.
Quand tu arrêteras de ne manger que des spaghettis, tu me téléphoneras et je reviendrai.

Signé : ta copine qui n’aime pas les spaghettis.
(Audrey Prédhumeau)






Chère petite sœur,

J’ai résolu de prendre le large. Trop c’est trop !
Le soir, tu parles beaucoup et j’arrive pas à dormir. Tu parles pour apprendre à parler. Tu parles de monstres et d’autres choses.
Quand je récite ma poésie, tu n’arrêtes pas de me parler. Cela me gêne parce que je ne peux pas réciter ma poésie.
Quand tu arrêteras de me parler sans arrêt, je reviendrai et je serai enfin tranquille.

Signé : ta grande sœur qui n’aime pas beaucoup parler.
(Cherlène Moldez)






Chère grande sœur,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin. Trop c’est trop ! Puisque tu es paresseuse comme une tortue, je pars passer quelques jours de vacances afin de me reposer.
Tu ne fais jamais tes devoirs le soir et alors tu dois les faire le lendemain matin et j’arrive en retard à l’école.
Quand tu dois ranger le salon, c’est moi qui dois le faire à ta place car tu ne veux pas le faire et je ne peux pas faire mes devoirs.
Quand tu seras un peu plus responsable peut-être que je reviendrai. Pendant ce temps, tu pourras peut-être t’habituer à faire les choses toi-même.

Signé : ta petite sœur chérie qui en a assez de ta paresse.
(Elsa Ribera)





Cher petit frère,

j’ai résolu de prendre le large. Tu me suis partout et tout le temps et ça m’agace.
Quand je vais aux toilettes, tu entres dans les toilettes et tu me piques le livre que je suis en train de lire alors je ne peux plus lire.
Quand je monte dans mon lit , tu montes aussi dans mon lit et ça m’embête.
Trop c’est trop ! Si par hasard tu arrêtes de me suivre, je reviendrai un jour ou l’autre.

Signé : ton grand frère qui n’aime pas qu’on le suive.
(Fabien Tavares)






Cher Alex,

J’ai résolu de prendre le large car j’en ai assez de ta manie de noyer les spaghettis dans la sauce bolognaise.
Quand tu laisses un pot de sauce bolognaise sous les coussins du canapé et que je m’assois, il y a de la sauce bolognaise qui gicle du canapé et qui atterrit sur ma main.
Et aussi, quand tu vas manger ton assiette de spaghettis le soir, tu laisses de la sauce bolognaise dans ton assiette, alors quand je fais la vaisselle, je dois mettre ma main dans la sauce bolognaise pleine de microbes.
Appelle-moi si tu as arrêté de mettre cette pourriture de sauce bolognaise, qui a salit l’ensemble de la maison, dans tes spaghettis.

Signé : ton copain qui est écœuré par la sauce bolognaise.
(Harold Nakam)






Cher camarade,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin. Je pars pour toujours puisque tu détestes les filles.
Quand tu joues dans la cour, tu ne veux pas que je sois dans ton équipe ni que je joue avec toi et ce n’est pas gentil.
Tu cherches la bagarre avec les filles parce que tu souhaites que les garçons règnent sur la Terre. Tu veux faire disparaître les filles et je ne veux pas aller vivre sur la Lune.
Quand tu auras fini de détester les filles, je reviendrai.

Signé : Noémie qui aime jouer avec toi, Roberto.
(Noémie Ducarre)






Cher grand frère,

Quand tu liras cette lettre, je serai déjà loin. J’en ai assez que tu joues à la console de jeux.
Quand je regarde la météo, tu branches la console de jeux et tu joues, donc je ne peux pas savoir le temps qu’il fera.
Quand je joue à la console de jeux, tu me prends dans tes bras et tu me jettes sur le canapé pour prendre ma place.
Appelle-moi quand tu arrêteras de jouer à la console de jeux.

Signé : ton petit frère en vacances.
(Antoine Dupeyrat)





Attention ! La lettre qui suit contient des propos à ne pas mettre entre toutes les oreilles !
PARENTAL ADVISORY EXPLICIT CONTENT

Cher frère,

Quand tu liras cette lettre, je serai déjà loin. Trop c’est trop ! C’est insupportable comme tu es vulgaire.
Tu me traites de bouffonne et je ne sais pas pourquoi. Alors je t’insulte, et maman, au lieu de te punir, elle me punit alors que je n’ai rien fait.
Quand tu veux quelque chose dont je me sers, tu répètes trois mille fois « salope » jusqu’à ce que je te le laisse.
Quand tu joues à l’ordinateur et que je veux te parler, tu me fais des gestes obscènes.
Je reviendrai quand tu auras fini d’être vulgaire avec tout le monde !

Signé : ta petite sœur chérie qui déteste les mots vulgaires !
(Clarisse Anastase)






Cher cousin,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin. Tu n’arrêtes pas de me rendre fou.
Quand tu viens chez moi, tu me donnes toujours des claques, tu me pinces très fort et tu me voles mes affaires. J’en ai assez !
Quand je vais au parc avec toi, tu me prends la balle et tu la jettes très loin, alors je ne la retrouve plus, ma balle. Cela me rend fou parce que c’est mon jouet préféré.
Ilan, quand arrêteras-tu de me rendre fou ?

Signé : Zach
(Zachary Saada)






Chère sœur,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin. Tu cherches tout le temps la bagarre.
Par exemple, quand je suis à la piscine, tu viens me couler et le maître nageur est souvent obligé de te gronder car je suis tout près de me noyer.
D’autre part, quand je fais mes devoirs, tu viens par derrière et tu m’empêches de faire mes devoirs et le lendemain je me fais gronder par mon maître.
Quand tu auras fini de me bagarrer je reviendrai. Si tu veux m’appeler, appelle-moi par le téléphone.

Signé : ton frère qui n’aime pas la bagarre.
(Virgil Deguy)




Chère grande sœur,

J’ai résolu de prendre le large car tu n’arrêtes pas de mentir.
Tu me fais mal alors je vais le dire et après tu dis que tu ne m’as pas fait mal. Non seulement j’ai mal mais en plus tu mens.
Je te demande de me garder quelque chose parce que je vais quelque part. Quand je reviens, je vérifie que tu m’a bien tout rendu. Je te dis que tu ne m’as pas tout rendu mais tu dis le contraire. C’est embêtant car ce que je t’ai prêté, je l’ai acheté avec mes sous et ça a coûté cher.
Si tu arrêtes de mentir, appelle-moi avec un téléphone.

Signé : Emma l’honnête.
(Emma Gasman)




Chère petite sœur,

Figure-toi que j’ai résolu de prendre le large car tu n’arrêtes pas de m’agacer toute la vie.
Quand je suis aux toilettes, deux minutes seulement se sont écoulées, tu ouvres la porte et tu me pousses dans le trou.
Quand je dors, tu me réveilles et tu viens dans mon lit et tu me parles. Le lendemain je suis fatiguée.
Quand tu auras fini de m’agacer tu m’appelleras et si tu m’as convaincue, je reviendrai peut-être.

Signé : ta grande sœur qui n’aime pas qu’on l’embête toute la nuit.
(Sarah Konqui)




Chère petite sœur,

J’en ai assez que tu me déranges tout le temps.
J’ai résolu de prendre le large parce que je ne peux pas faire mes devoirs sans que tu viennes m’embêter. Parfois tu répètes tout ce que je dis : si je demande un bonbon à maman, tu dis comme moi et ça me gêne parce qu’après j’ai mal à la tête et aux oreilles.
Quand tu arrêteras de me déranger, je t’aimerai.

Signé : ton frère qui n’aime pas quand on le dérange.
(William Lazimi)





Cher personnage de la pièce de théâtre,

Quand tu liras cette lettre, je serai déjà loin parce que tu ne m’as pas écouté. Je t’avais dit de te laver mais tu ne l’as pas fait donc je pars.
Tu sens tellement mauvais que personne ne voudrait être ton ami. Et si tu avais des amis, ils s’évanouiraient.
Quand je joue avec toi, comme tu sens mauvais, je m’évanouie et la partie est terminée.
Quand je cours avec toi, les mouches tournent autour de ta tête et c’est dégoûtant. Ensuite les mouches viennent sur moi.
Trop c’est trop ! Quand tu te laveras et quand t’auras plus de mouches dans ton sillage, je t’aimerai.
À bientôt.

Signé : ton amie qui n’aime pas les personnes qui ont des mouches autour de la tête
(Shannen Edward)





Jeudi 10 Juin 2004
Monsieur Grosley

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